Bienvenue sur CGT Groupe Casino
Information syndicaliste

nouveau
cgtcasino
Actualité, posté le samedi 02 juin 2018

On nous balance a la casse


«Lundi, lorsque je me suis présenté à mon poste de travail, le directeur et son adjoint m'attendaient en compagnie d'un huissier, commence Alain Tsamas. Ils ont voulu m'humilier devant tous mes collègues.» Assis en terrasse d'un café parisien, casquette en tissu kaki vissée sur la tête, le quinquagénaire originaire de Vitry (Val-de-Marne) ne décolère pas. «Ils essaient d'étouffer la contestation, accuse-t-il. Ils craignent la contagion à tous les magasins de la région. Et ils ont raison.»

Course au chiffre

Pour le syndicat, l'enjeu est là. Anne Giraudon, secrétaire de l'union départementale des Hauts-de-Seine CGT, argumente : «La mobilisation est le seul moyen pour les salariés de reprendre le pouvoir, en pesant sur les profits de l'entreprise. Elargir le spectre de la mobilisation, c'est ce qui nous permettrait de gagner cette bataille». Pour la secrétaire, «une victoire chez Monoprix, c'est une victoire partout ailleurs».«Ce qu'il y a ici se passe dans toute la France, expose Alain Tsamas. En moins de quatre ans, neuf magasins ont fermé, faute de rentabilité». Il poursuit : «A l'ouverture de celui-ci, en 2006, on était 104 salariés. Aujourd'hui nous sommes 56». De plus, «un tiers des magasins vont être franchisés, ce qui implique forcément de nouvelles suppressions de postes… Jusqu'à quand ça va durer?» Selon lui, la politique d'entreprise s'appuie «uniquement sur la redistribution aux actionnaires», où la course au chiffre «précarise durement les salariés». «Nous ne comprenons pas qu'un groupe fait plus de 3% de bénéfices et qui distribue 477 millions d'euros à ses actionnaires, ferme des magasins».

«Casier salarial»

Lucien, 50 ans, travaille pour l'enseigne depuis 16 ans. L'année dernière, on lui a diagnostiqué une calcification prématurée des coudes, le handicapant à 49%. «Toute ma vie, je n'ai fait que des métiers physiques. Maintenant mes tendons sont morts, je ne peux plus rien porter.» Après un an d'arrêt maladie et un dernier rendez-vous chez le médecin, Lucien reprend le travail. «Mon médecin appelle en haut parleur le directeur pour lui annoncer ma situation», se rappelle-t-il. «Mettez-le 'inapte'», répond la direction. «On ne peut pas mettre classer quelqu'un d'inapte comme ça» aurait retoqué le médecin. L'employé se souvient combien il était dégoûté : «C'est comme ça qu'on nous traite, ici. Dès qu'on n'est plus utiles, on nous balance à la casse». Pour dénoncer les conditions de travail et la précarité salariale, le quinqua choisit ensuite de se mettre en grève, alourdissant son «casier salarial».Adrien(1), salarié du magasin depuis 3 ans, n'a pas les moyens de faire grève. Mais il témoigne également de conditions de travail dégradées au fil des années : «Les personnes qui sont en arrêt, en vacances ou même licenciées, ne sont pas remplacées. Ça nous donne un travail fou, payé au SMIC…» Le lundi précédent, le jour de la mise à pied d'Alain Tsamas, il travaillait en même temps que le délégué syndical. «Ça a été très brutal. Beaucoup des collègues sur place étaient sous le choc.» Selon lui, la direction a voulu «faire passer un message».
Retour liste Retour liste

Retour liste


CGT
nstruire juriste lois lien obtenu chiffon expert constitution comptabilita film comite guerre expertise claire histoire vention legifrance organisme partisan battent juritravail travailno apporte bien